Créer un livre pour enfants illustré, c’est une aventure à la fois artistique, technique et humaine. Dans cet article, nous partageons les coulisses de la création de Timouth l’apprenti mammouth, notre album jeunesse destiné aux enfants de 3 à 6 ans, en espérant que notre expérience pourra éclairer celles et ceux qui souhaitent se lancer dans l’autoédition.
POURQUOI CHOISIR L’AUTOÉDITION POUR UN LIVRE JEUNESSE ILLUSTRÉ ?
Avantages et défis de l’autoédition
Avantages :
- Liberté créative : L’autoédition permet de garder le contrôle total sur le projet, du scénario aux illustrations, en passant par la mise en page et le choix du format.
- Meilleure rémunération : Contrairement à l’édition classique où l’auteur touche souvent moins de 10 % du prix de vente, l’autoédition permet de fixer ses marges et de bénéficier d’une rémunération plus juste.
- Souplesse et réactivité : L’auteur peut choisir ses partenaires (illustrateurs, imprimeurs), ajuster le tir à chaque étape, et réagir rapidement aux retours des lecteurs ou de la communauté.
- Expérience enrichissante : Chaque étape, de la conception à l’impression, est une occasion d’apprendre et de développer de nouvelles compétences (PAO, communication, gestion de projet).
Défis :
- Charge de travail : L’autoédition demande de tout gérer soi-même : écriture, illustration, mise en page, impression, démarches administratives, promotion.
- Contraintes techniques : Il faut maîtriser la préparation des fichiers PAO, comprendre les exigences de l’imprimeur (marges, fonds perdus, calibrage des couleurs, etc.).
- Responsabilité financière : L’auteur prend en charge les coûts d’impression et de diffusion, avec le risque de ne pas rentabiliser son investissement.
- Visibilité : Sans le soutien d’un éditeur, il faut redoubler d’efforts pour faire connaître son livre (réseaux sociaux, bouche-à-oreille, partenariats).
L’exemple de Timouth l’apprenti mammouth
Dans le cas de Timouth l’apprenti mammouth, le choix de l’autoédition s’est imposé après avoir constaté la faible rémunération proposée par l’édition classique (8%). L’équipe a ainsi pu :
- Choisir un imprimeur français fiable (PrintOClock), adapté aux besoins spécifiques du projet (format A5 broché, 44 pages, cahier de jeux pédagogiques).
- Impliquer la communauté dans le choix de la couverture, en sollicitant des avis sur Instagram et auprès de partenaires locaux.
- Maîtriser chaque étape : de la création du chemin de fer à la réalisation des illustrations, en passant par la gestion des fichiers techniques et le suivi de l’impression.
- S’appuyer sur des ressources et tutoriels pour comprendre les démarches légales et administratives.

LES 7 ÉTAPES POUR RÉUSSIR VOTRE LIVRE POUR ENFANTS ILLUSTRÉ
1. Trouver l’idée et l’inspiration

Tout a commencé grâce à Stéphan, responsable de la boutique de la Grotte Chauvet 2, qui avait découvert notre précédent livre pour enfants, Patou le chien de berger des Pyrénées. Il nous a suggéré de créer une histoire jeunesse inspirée de ce site exceptionnel. Lors de notre visite, nous avons été émerveillés par les fresques rupestres, en particulier les mammouths. L’idée d’un petit garçon projeté dans le passé est née.
2. Rédiger le synopsis et structurer l’histoire
Nous avons imaginé Tim, un enfant de 6 ans, fasciné par les peintures de mammouths. Après avoir dessiné l’un d’eux au charbon, il est transformé en mammouth et envoyé dans le passé. Il rencontre de jeunes mammouths qui l’accueillent comme l’un des leurs. L’un d’eux, Moumouth, l’appelle « Timouth » — et l’aventure commence.
Nous avions deux axes principaux :
- Le dessin, langage universel, qui permet à Tim de s’exprimer et de communiquer avec les enfants mammouths.
- L’amitié, qui surmonte les différences, et qui se crée spontanément quand on se soucie des autres (Moumouth et ses amis s’inquiètent quand Timouth tombe malade).

3. Élaborer le scénario et les dialogues
Nous avons ensuite développé le scénario en séquences claires : la visite de la grotte, la transformation, la rencontre avec les mammouths, les jeux, les dessins… Le rythme est pensé pour les jeunes lecteurs, avec des moments tendres, des surprises et une progression fluide. Nous avions une contrainte : limiter le texte au maximum, tout en restant compréhensible et naturel, vivant. Nous avons bénéficié des suggestions et relectures attentives de notre amie Sylvina pour avoir un regard extérieur et averti. Les dialogues et la narration ont été remaniés de nombreuses fois, jusqu’à trouver le bon équilibre.


4. Concevoir le chemin de fer
Le chemin de fer est une maquette du livre, page par page. Il nous a permis de répartir le texte et les illustrations, de prévoir les transitions, les pages de garde, et de vérifier le nombre total de pages. C’est à ce moment que nous avons réalisé que 32 pages ne suffiraient pas pour développer la scène de la grotte. Nous avons donc opté pour 44 pages, en intégrant un cahier de jeux pédagogiques, une suggestion précieuse de Stéphan.

5. Réaliser les illustrations : créer un univers visuel cohérent
David a illustré chaque page en couleurs, en veillant à créer un univers doux, immersif et adapté aux enfants. Les personnages sont expressifs, les décors naturels inspirés des Gorges de l’Ardèche, et les scènes créées pour accompagner le texte avec clarté et poésie.
Pour donner de la cohérence et travailler plus efficacement, nous avons adopté une technique empruntée au film d’animation : les model sheets. Ce sont des présentations visuelles de chaque personnage, vu sous des angles différents, avec les expressions qui le caractérisent et une palette de couleurs personnalisée.

Un choix stratégique : la couverture
La couverture est souvent le premier contact entre le livre et son lecteur. Nous avons donc accordé une attention particulière à sa conception. Trois visuels ont été créés, chacun avec une ambiance différente. Pour choisir le plus efficace, nous avons sollicité l’avis de nos amis, de Stéphan et son équipe, de Thierry Goursau (auteur-éditeur de Patou le chien de montagne des Pyrénées), et de notre communauté sur Instagram. Ces retours nous ont permis de sélectionner la version qui suscitait le plus d’enthousiasme et de curiosité.



6. Préparer la mise en page et les fichiers PAO
Nous avons réalisé nous-mêmes les fichiers PAO (Publication Assistée par Ordinateur), en respectant les contraintes techniques : marges, fonds perdus, résolution, calibrage des couleurs. Par sécurité, nous avons envoyé des épreuves à l’équipe technique de l’imprimeur (très disponible, merci PrintOClock !) pour vérifier que nos fichiers étaient compatibles. Cette étape demande rigueur et précision, car elle conditionne la qualité finale du livre. Les logiciels open source que nous utilisons au quotidien étaient à la hauteur de ce défi.

7. Imprimer et autoéditer son livre : un choix engagé
Initialement, nous envisagions une édition classique. Mais en découvrant que les auteurs touchent souvent moins de 10 % du prix de vente, nous avons opté pour l’autoédition. Grâce au tutoriel vidéo de Christelle Lebailly, nous avons mieux compris les obligations légales et les étapes à suivre.
Pour l’impression, nous avons choisi un imprimeur français fiable, avec un bon rapport qualité/prix. Le format A5 broché s’est imposé : économique, bien maîtrisé techniquement, et adapté aux petites mains. Remarque : le nombre de pages doit toujours être un multiple de 4 (hors couverture, mais avec les pages de garde).
CONSEILS PRATIQUES POUR LES AUTEURS AUTOÉDITÉS
1. Fixer un prix cohérent
Cela peut sembler contre-intuitif, mais le prix public est l’une des premières décisions à prendre. Il influence la rentabilité, le format, le tirage et le choix de l’imprimeur. Remarque : ce prix doit être intégré lors de l’impression de la couverture.
En France, le prix du livre est protégé par la Loi Lang, avec une TVA réduite (5,5%). Les revendeurs prennent en moyenne 40 % de marge.
Pour Timouth (44 pages, 3-6 ans), nous avons fixé 6,90 € TTC, dans la moyenne du marché, et visé un coût d’impression < 1 €. Avec un tirage de 1 000 exemplaires, la rentabilité était atteinte dès 240 ventes.
2. Choisir un imprimeur fiable
La qualité d’impression est cruciale : un livre doit séduire dès le premier regard. Nos critères :
- Expérience dans les livres illustrés
- Localisation en France (livraison rapide, cadre légal clair)
- Tarifs compétitifs
- Gabarits techniques précis
Nous avons choisi PrintOClock, imprimeur en ligne basé à Toulouse, pour sa réactivité et ses conseils adaptés. Ce partenariat nous a permis d’éviter les erreurs techniques et de gagner en sérénité. Nous avons demandé à valider le BAT (bon à tirer), une épreuve du livre complet au format PDF, avant de lancer l’impression.
3. Comprendre les obligations légales
Autoéditer un livre en France implique :
- Créer une structure juridique (SIRET, micro-entreprise)
- Obtenir un ISBN auprès de l’AFNIL
- Effectuer le dépôt légal à la BNF
- Mentions légales jeunesse et envoi au Ministère de la Justice
- Assujettissement à la TVA pour récupérer celle payée à l’impression
NB : Vous devrez commencer par créer un compte professionnel sur le site des Impôts. Le reversement de la TVA se fait uniquement depuis un compte bancaire professionnel.
Ne vous laissez pas impressionner. Ces démarches sont accessibles, et elles garantissent la conformité et la crédibilité de votre projet.
RESSOURCES COMPLÉMENTAIRES
Pour aller plus loin, voici quelques articles de référence sur l’autoédition de livres jeunesse :
- Pixartprinting – Autoédition de livres illustrés pour enfants : conseils pratiques et exemples de succès
- Made Live – Comment auto-publier un livre pour enfants : guide complet du manuscrit à la publication
- Selfpublished Whiz – Guide complet pour autoéditer un livre jeunesse : étapes, erreurs à éviter et stratégies avancées
FAQ SUR L’AUTOÉDITION DE LIVRES POUR ENFANTS
1. Quelles sont les étapes pour autoéditer un livre pour enfants illustré ?
Découvrez les 7 étapes essentielles : de l’idée à l’impression, en passant par le synopsis, le scénario, l’illustration, la mise en page et le choix de l’imprimeur.
2. Quels sont les avantages de l’autoédition pour un livre jeunesse ?
L’autoédition permet de garder le contrôle créatif, d’obtenir une meilleure rémunération et de choisir ses partenaires (illustrateurs, imprimeurs).
3. Comment choisir un imprimeur pour un livre illustré ?
Privilégiez un imprimeur expérimenté dans les livres jeunesse, vérifiez la qualité d’impression, les formats proposés et demandez l’option BAT (bon à tirer) avant de valider votre choix.
4. Quelles sont les erreurs à éviter lors de l’autoédition d’un album jeunesse ?
Évitez de négliger la relecture, la qualité des illustrations, la préparation des fichiers PAO et le respect des contraintes techniques de l’imprimeur.
5. Comment fixer le prix de vente d’un livre pour enfants autoédité ?
Analysez le marché, prenez en compte les coûts de production et la marge souhaitée. Calculez le tirage nécessaire pour amortir l’investissement et dégager des bénéfices.
6. Quels sont les aspects légaux à respecter pour publier un livre pour enfants ?
Pensez au dépôt légal, à l’obtention d’un ISBN, au respect des droits d’auteur (si vous collaborez avec un illustrateur) et aux obligations vis à vis des Impôts (TVA).
7. Comment promouvoir un livre pour enfants autoédité
Utilisez les réseaux sociaux, sollicitez des blogueurs spécialisés, organisez des séances de dédicaces et proposez votre livre dans des librairies locales ou en ligne.
8. Peut-on autoéditer un livre illustré sans expérience préalable ?
Oui, avec de la méthode, des ressources fiables et des conseils pratiques, il est possible de réussir son projet même en étant débutant.




